Anxiété : comprendre, prévenir et agir (et pourquoi il est essentiel de traiter la racine émotionnelle)
L'anxiété n'est plus un phénomène marginal en France : c'est aujourd'hui un enjeu de santé publique. Dans cet article, je vous propose de faire le point sur les chiffres, de comprendre d'où vient l'anxiété, d'apprendre à la distinguer du stress, et surtout de repartir avec des outils concrets — pour la prévenir au quotidien, et pour agir quand elle est déjà là.

L'anxiété en France : ce que disent les chiffres
Les données les plus récentes de Santé publique France donnent une idée claire de l'ampleur du phénomène :
6,3 % des adultes de 18 à 79 ans en France ont été concernés par un trouble anxieux généralisé (TAG) au cours des 12 derniers mois (Baromètre de Santé publique France, édition 2024), avec une prévalence nettement plus élevée chez les femmes que chez les hommes (7,6 % contre 4,8 %).
Selon la même édition, la prévalence de l'épisode dépressif caractérisé atteint 15,6 %, un trouble souvent associé à l'anxiété.
Une enquête antérieure (Baromètre santé 2021) montrait qu'1 personne sur 8 (12,5 % des 18-85 ans) présentait un état anxieux au moment de l'enquête, avec une prévalence trois fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes.
Fait marquant : près de 30 % des personnes concernées par un TAG n'ont eu aucun recours aux soins en lien avec leur santé mentale — cette proportion grimpe à près d'1 sur 2 chez les indépendants, artisans et chefs d'entreprise. Il serait temps que cela change !
Les jeunes adultes, les personnes précaires ou isolées socialement sont particulièrement touchés. Chez les adolescents, les enquêtes Enclass rapportent que plus d'un tiers des collégiens et près de la moitié des lycéens déclarent des symptômes de nervosité.
Ces chiffres racontent une même histoire : l'anxiété est fréquente, souvent silencieuse, et largement sous-accompagnée.
Comprendre d'où vient l'anxiété ?
L'anxiété n'est pas un défaut de caractère ni un manque de volonté : c'est une réponse du système nerveux, façonnée par plusieurs couches :
1. Une fonction biologique de survie.
À l'origine, l'anxiété est un signal d'alerte. Le système nerveux autonome (via l'amygdale et l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien) se prépare à faire face à une menace, réelle ou perçue, en libérant cortisol et adrénaline. Des neurotransmetteurs dont nous avons besoin pour agir en cas de danger notamment, mais qui une fois chronique devient délétère.
2. Un terrain individuel.
Hérédité, tempérament, hypersensibilité du système nerveux, mais aussi hygiène de vie (sommeil, alimentation, activité physique, exposition aux écrans) modulent la façon dont ce système réagit.
3. Des événements de vie.
Deuils, ruptures, précarité, surcharge professionnelle : Santé publique France identifie ces facteurs comme des déclencheurs classiques et auquel chacun d'entre nous peut être confronté.
4. Les schémas émotionnels et les traumatismes non résolus.
C'est souvent la couche la plus invisible et la plus déterminante. Un système nerveux qui a appris, parfois très tôt, que le monde est dangereux ou imprévisible, reste en état de vigilance chronique — même quand la situation présente ne le justifie plus. C'est ce qu'on appelle un schéma émotionnel : une réaction automatique, disproportionnée par rapport au déclencheur actuel, mais parfaitement cohérente avec une expérience passée non digérée.
C'est précisément sur cette dernière couche que travaille l'accompagnement en thérapie AIT (dont je vous parle plus bas).
Les symptômes de l'anxiété
L'anxiété se manifeste sur plusieurs plans, qui peuvent apparaître isolément ou ensemble.
-> Sur le plan physique :
Tensions musculaires, mâchoires serrées
Palpitations, oppression thoracique
Troubles digestifs (nausées, ballonnements, transit perturbé)
Sensation de gorge nouée
Fatigue chronique, troubles du sommeil (endormissement difficile, réveils nocturnes)
Sueurs, tremblements, vertiges
-> Sur le plan émotionnel et cognitif :
Sentiment diffus d'inquiétude, sans objet précis identifiable
Ruminations mentales, anticipation catastrophique ("et si...")
Difficulté à se concentrer, esprit qui tourne en boucle
Irritabilité, sensation de ne jamais pouvoir relâcher
Besoin de tout contrôler pour se rassurer
Anxiété ou stress : quelle différence ?
Ces deux termes sont souvent confondus, alors qu'ils décrivent des mécanismes différents.
Stress | Anxiété | |
Déclencheur | Identifiable et présent (un examen, un délai, un conflit) | Souvent diffus, anticipé, parfois sans objet clair |
Durée | Ponctuel, lié à la situation | Peut persister au-delà de la situation, voire en son absence |
Fonction | Mobilise l'énergie pour répondre à une exigence réelle | Anticipe une menace future, réelle ou imaginée |
Résolution | Diminue une fois la situation passée | Peut se maintenir, se généraliser, devenir chronique |
En résumé : le stress répond à une exigence présente, l'anxiété répond à une menace anticipée. Mais attention, l'anxiété chronique peut mettre le système nerveux en état d'hypervigilence et donc de stress. Et de même qu''un stress mal digéré, répété, peut d'ailleurs évoluer vers un état anxieux durable — d'où l'intérêt de ne pas le laisser s'accumuler.
Prévenir l'anxiété au quotidien
Ces habitudes agissent en amont, pour renforcer la résilience du système nerveux :
Réguler le sommeil : horaires de coucher réguliers, limiter les écrans le soir, favoriser les lumières tamisées et le calme.
Bouger régulièrement : l'activité physique (même modérée, marche quotidienne) aide à métaboliser le cortisol. Attention à ne pas faire plus que ce que vous pouvez, écoutez votre énergie !
Soigner l'alimentation : limiter les excitants (café, alcool, sucres rapides, aliments transformés), privilégier le magnésium (sous forme bisglycinate), les oméga-3 et une flore intestinale équilibrée (l'axe intestin-cerveau joue un rôle réel dans la régulation émotionnelle).
Pratiquer une respiration consciente au quotidien, pas seulement en cas de crise : quelques minutes de cohérence cardiaque matin et soir changent la donne !
Limiter la surcharge informationnelle : réduire l'exposition continue aux actualités anxiogènes et aux réseaux sociaux.
Créer des rituels de décharge : journaling, marche en nature, temps sans sollicitation, pour permettre au système nerveux de revenir régulièrement à un état de sécurité et de repos.
Des outils pour agir quand l'anxiété est déjà là
Quand la vague monte, l'objectif est de redonner rapidement un signal de sécurité au système nerveux :
La respiration 4-6 : inspirez 4 secondes, expirez 6 secondes, sur plusieurs cycles. L'expiration plus longue que l'inspiration active le système parasympathique (celui du calme). Essayez de bien respirer par le ventre et en conscience.
L'ancrage sensoriel (technique du 5-4-3-2-1) : nommez 5 choses que vous voyez, 4 que vous entendez, 3 que vous sentez au toucher, 2 que vous sentez à l'odorat, 1 que vous goûtez. Cela ramène l'attention dans le présent.
Le contact avec le corps: poser les pieds bien à plat, sentir le poids du corps, pour se réancrer physiquement. Scannez mentalement tout votre corps de bas en haut et identifier si le corps est sous tension. Relâcher au fur et à mesure chaque partie de votre corps.
La mise en mots : nommer ce qui se passe ("je ressens de l'anxiété, et c'est passager") aide à réduire l'intensité de l'émotion, un mécanisme bien documenté en neurosciences. Enfouir les émotions n'aide pas, au contraire.
Le mouvement doux : quelques étirements, secouer les mains, marcher quelques minutes pour évacuer la décharge d'adrénaline.
Limiter l'isolement dans l'instant : contacter une personne de confiance, même brièvement, peut suffire à faire baisser l'intensité.
Ces outils apaisent la vague sur le moment. Mais quand l'anxiété revient sans cesse, aux mêmes occasions, avec la même intensité, cela signale souvent qu'un schéma plus profond est à l'œuvre — et c'est là qu'un accompagnement thérapeutique de fond change la donne.
Aller à la racine : mon accompagnement en thérapie AIT
Les outils de régulation immédiate sont précieux, mais ils agissent sur les symptômes.
Quand l'anxiété revient de façon récurrente, c'est souvent le signe qu'un ou plusieurs traumatismes — parfois anciens, parfois oubliés consciemment — continuent de générer des schémas émotionnels automatiques : le corps réagit encore à un danger qui n'existe plus.
C'est tout l'objet de mon accompagnement en thérapie AIT : une approche qui permet d'identifier et de désamorcer ces empreintes traumatiques à la racine, pour que le système nerveux cesse de rejouer les mêmes réponses de survie. L'objectif n'est pas simplement d'apprendre à "gérer" l'anxiété au quotidien, mais de libérer les schémas émotionnels chroniques qui l'entretiennent — pour une transformation durable, et non un simple soulagement temporaire.
Si vous sentez que votre anxiété revient toujours aux mêmes déclencheurs, ou qu'elle semble disproportionnée par rapport à ce qui la provoque aujourd'hui, c'est peut-être le signe qu'il est temps d'aller voir ce qui se joue en dessous.
En quelques séances seulement, vous sentirez déjà plus de confort dans la gestion de vos émotions. Chaque séance vise à vous apaiser un peu plus.
Et bonne nouvelle, cet accompagnement fonctionne tout aussi bien en visioconférence.
Vous souhaitez en parler ? Je vous propose un premier échange pour comprendre votre situation et voir si cet accompagnement peut vous être utile. Contactez-moi.
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Cet article a un objectif informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas d'anxiété sévère, de crise de panique fréquente ou de pensées suicidaires, n'hésitez pas à consulter un médecin ou à contacter une ligne d'écoute dédiée.
Sources : Santé publique France — Baromètre de Santé publique France, éditions 2021 et 2024 ; Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°14, 2025 ; enquêtes Enclass et Enabee.

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